Carnets de traverse : Calcutta, la trépidante !

Carnets de traverse : Calcutta, la trépidante !

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« Je connais une vingtaine de capitales. Peuh ! Mais il y a Calcutta ! Calcutta, la ville la plus pleine de l’Univers. » Henri Michaux - Un barbare en Asie – 1933

 

Partons à la découverte de Calcutta, capitale culturelle de l’Inde par excellence, c’est la ville qui a vu naître un prix Nobel, et toute une ribambelle d’intellectuels de tous les domaines, mais c’est aussi ville où la densité de population atteint des taux très élevés et où la précarité fait des ravages.

 

 

J’ai laissé Varanasi, son Gange et ses pèlerins, non sans un petit pincement au cœur et j’ai pris la direction de la gare ferroviaire située à 4 km des Ghâts. Une nuit passée dans le train-couchette, juste assez confortable pour pouvoir somnoler quelques petites heures, m’a permis d’arriver à Calcutta. Le réveil dans le train était difficile, mais sublimé par la découverte du paysage qui s’est métamorphosé dans la nuit : des rizières à perte de vue baignées dans la brume matinale et offertes à mes yeux somnolents !

 

Nouvelle journée, nouvelle ville, nouvelle ambiance et nouvelles découvertes en perspective !

 

7 h du matin, dans la gare de Calcutta, la journée est déjà bien entamée pour les milliers d’Indiens qui grouillent à la sortie des quais et dans les rues avoisinantes. La chaleur est lourde et l’humidité étouffante. Je me fraye un chemin dans la foule qui emplit le hall de la gare et pars à la découverte de cette mégalopole. Située à l’est du pays, pas loin de la frontière avec le Bangladesh et capitale de l’Etat indien du Bengale occidental, Calcutta est une ville surpeuplée et trépidante !

 

 

 

Une des images qui frappe quand on débarque à Calcutta est la grande précarité. Une partie de la population vit dans les bidonvilles, ou carrément dans la rue, dormant à même les trottoirs ou dans les halls de gares.

Mais la précarité n’est pas le seul visage que nous offre Calcutta. Terrain d’une vie culturelle florissante, elle est considérée comme la capitale culturelle du pays et a vu naître des grands noms d’intellectuels et d’artistes, tels que le prix Nobel de littérature, Rabindranath Tagore, l’écrivain Amitav Ghosh ou encore le cinéaste et réalisateur Satyajit Ray.

 

Armée de mon appareil photo, mon sac greffé sur le dos et un jus de noix de coco, délicieusement parfumé dans l’estomac, j’ai entamé ma ballade dans les rues de la ville.

L’empreinte qu’a laissée la colonisation britannique sur le plan architectural est très prononcée. Le bâtiment le plus représentatif est peut-être le Victoria Memorial, entièrement en marbre blanc, construit à la mémoire de la reine Victoria, peu après son décès.

 

Outre les monuments, temples et autres bâtiments au cachet avéré, une des attractions que peut offrir Calcutta aux visiteurs est le marché aux fleurs, qui se tient tous les jours sous le fameux pont d’Howrah et qui s’étend le long de la voie ferrée.

 

 

Des fleurs au Kilo !

 

Les fleurs occupent une place importante dans la vie des Indiens comme en témoigne la taille de ce marché, le nombre de personnes qui le fréquentent et surtout la quantité de fleurs qui y transitent jour et nuit.

 

Ici, œillets, jasmin et autres roses ne sont pas vendus uniquement en compositions ou en bouquets comme on a l’habitude de le voir, mais aussi au kilo. Traitées comme des petits bijoux, triées, tressées en colliers ou en couronnes et confectionnées avec beaucoup de délicatesse et de goût, les fleurs servent d’offrandes aux divinités à l'occasion des différentes cérémonies et autres rituels religieux qui orchestrent la vie à Calcutta.

 

Crédit photo: Souhir Hamrouni Buonomo

 

Crédit photo: Souhir Hamrouni Buonomo

 

Le marché est une véritable ruche qui grouille de femmes, d’hommes, mais aussi d’enfants, dans un va-et-vient incessant jour et nuit. Tu les vois en train de trier les fleurs, de les rassembler en longs colliers ou en couronne, d’en peser aux clients dans des petits paniers en osier.

Des couleurs, nos yeux ont en été éblouis, de l’oranger flamboyant aux différents tons de jaune en passant par le blanc.

 

Crédit photo: Souhir Hamrouni Buonomo

 

En déambulant entre les différents étals, tous nos sens sont mis à vif. On en prend plein les yeux, mais aussi plein les narines, avec cette multitude de parfums entêtants qui vous assaillent et vous enivrent jusqu’à vous remonter à la tête.

 

Crédit photo: Souhir Hamrouni Buonomo

 

La touriste que j’étais a eu droit à des petites attentions de la part des vendeurs qui m’ont offert plusieurs fleurs en signe de sympathie. À la sortie du marché, je m’en suis retrouvée recouverte et comblée par autant d’attentions, mais aussi par autant de beauté, de couleurs et d’odeurs.

 

Retrouvez "Carnets de traverse: Voir Varanasi et mourir" ici : http://bit.ly/2qPsUET

 

Crédit photo: Souhir Hamrouni Buonomo